Contexte historique

Charles VI, Roi de France représenté par le maître de Boucicaut en 1412

En 1415, l’armée du roi de France Charles VI de Valois est défaite à Azincourt par l’armée du roi d’Angleterre Henry V de Lancastre. Le dauphin Charles et les Armagnacs ne peuvent compter que sur l’Ecosse pour leur venir en aide.
Cette dernière chance c’est l’Auld Alliance, et comme le dira Jacques Ier d’Ecosse, de la dynastie des Stewart :

« the old custom of helping France in its hour of need »
– la vieille coutume d’aider la France à l’heure du besoin -.

Un premier contingent de 150 hommes d’armes et 300 archers écossais part de Glasgow et débarque à La Rochelle en octobre 1419 pour venir au secours du dauphin, et c’est finalement près de 30 000 hommes que l’Ecosse enverra en France en dix ans.

En 1420 l’annexion française au royaume d’Angleterre est officialisée par le traité de Troyes (30 mai), Henry V obtient la main de Catherine de France, le dauphin Charles est déshérité, ce qui permet alors à la couronne d’Angleterre d’accéder au trône de France.
Pour les Écossais, ce traité correspond à une véritable déclaration de guerre des Anglo-bourguignons, car l’Ecosse des Stewart se retrouve alors elle aussi seule devant l’ennemi.
Le dauphin Charles envoie son conseiller Regnault de Chartres, archevêque de Reims, auprès de Jacques Ier d’Ecosse pour y chercher du soutien et y négocier l’envoi de troupes vers la France.

Le débarquement des écossais en France

Portrait de Jacques Ier, Roi d'Ecosse, XVIe siècle, Scottish National Portrait Gallery

En 1420 et 1421, le débarquement d’importants corps expéditionnaires écossais permet de déjouer les plans anglais et de passer à la contre-offensive. Les archers du pays d’Écosse étaient aussi réputés que ceux d’Angleterre et de Galles.

En 1420, le contingent de 6 000 Écossais qui débarque à La Rochelle est commandé par John Stewart, Earl of Buchan dit Boucan. Celui-ci est le fils du duc d’Albany, régent d’Écosse. John Stewart est fait connétable de France en 1423, après sa victoire sur le frère du roi d’Angleterre, le duc de Clarence, à Baugé le 22 mars 1421. Il est tué à la bataille de Verneuil le 17 avril 1424 (il ne faut pas le confondre avec un homonyme, John Stewart of Darnley, mentionné ci-dessous).

Au soir du 21 mars 1421 à Baugé, la victoire des troupes franco-écossaises est totale. Le pape Martin V déclare quand il apprend cette victoire : « Les Écossais sont bien connus comme un antidote aux Anglais ». Cette victoire vaudra au comte Archibald de Douglas l’épée de connétable de France et à ses troupes l’intégration de leurs meilleurs éléments à la garde personnelle du futur Charles VII, la fameuse « garde écossaise ».

Le dauphin Charles a très tôt souhaité faire jouer sa carte écossaise dans le cadre de l’Auld Alliance, et les récompenses et honneurs sont largement distribués dans les rangs des «Escots» débarqués en France pour combattre l’ennemi anglais commun.
En 1428, il envoie à nouveau son conseiller Regnault de Chartres en Écosse, cette fois accompagné de son autre conseiller Georges de la Trémoille, du poète et ambassadeur Alain Chartier, et de John Stewart of Darnley. Le 17 juillet, Jacques Ier d’Écosse signe le traité de Perth, mariant par contrat le jeune Louis de Valois, futur Louis XI, à sa fille Marguerite, dont la dote sera principalement constituée de l’envoi de 6000 soldats écossais en France.

Les armées du dauphin Charles compteront alors à l’époque près de 12000 guerriers écossais.

Ces valeureux soldats seront bien évidement en partie envoyés à Orléans pour défendre la ville assiégée par les Anglais, commandés par le comte de Salisbury puis William Glasdale.

Marguerite d'Ecosse à Tours, par Jean Chartier, enluminure issue de l'ouvrage Chronique, Belgique, XVe siècle

Le siège d’Orléans

Dès le début du siège, en octobre 1428, Orléans abrite un fort contingent écossais appointé par le dauphin Charles, comme en témoignent les comptes du trésorier des guerres, maître Raguier, prouvant la présence de compagnies commandées par trois chevaliers du pays d’Écosse : William Hamilton, Thomas Houston, John Wischard alias Oulchart, et cinq écuyers : Thomas Blair, Henry Galois, Edward Lennox, David Melville et Alexander Norvill.

La bataille des harengs, enluminure du 15e siècle

Le 8 février 1429, arrivent d’importants renforts avec un fort contingent de 1000 Écossais commandés par les demi-frères John Stewart of Darnley et William Stewart of Castelmilk. Hélas, peu de jours après, c’est le désastre de Rouvray-Saint-Denis, dans la plaine de Beauce. Le 12 février 1429 reste tristement dans l’histoire sous le nom de « Journée des Harengs ». (consulter notre article sur cette bataille)

Néanmoins, la renommée des Ecossais est telle qu’une centaine d’hommes d’armes et 400 archers écossais sont chargés de la protection du convoi de ravitaillement qui est conduit de Blois à Orléans le 27 avril avec Jeanne d’Arc, sous le commandement de Patrick Ogilvy of Auchterhouse, vicomte d’Angus, portant le titre de connétable de l’armée écossaise en France.

Et ce serait au son des cornemuses jouant la Marche des Soldats de Robert Bruce à la Bataille de Bannockburn « Scots Wha Hae » que Jeanne d’Arc est entrée dans Orléans le 29 avril au soir. Cette marche est d’ailleurs depuis renommée Marche de Jeanne d’Arc.

Les écossais présents au siège d'Orléans

armoiries-blairThomas BLAIR (alias Blar ou Blare), de la vieille famille écossaise Blair of Balthayock (contrées de Perth, Fife et Angus)Cet écuyer écossais arrive à Orléans dès le début du siège en octobre 1428, avec une compagnie de 20 hommes d’armes et 29 archers. Il semble que sa compagnie ait été particulièrement éprouvée dès le début du siège car en janvier 1429, elle ne comptait plus que 13 hommes de guerre.

Thomas Blair est mort vers 1453.

Armes : d’argent au chevron de sable accompagné de 3 tourteaux de gueules

armoiries-carmichaelJohn CARMICHAEL OF CARMICHAEL (alias Kirkmichael ou Jean de Saint-Michel), neveu de John, 1er baron de Carmichael en 1370, et fils de William, confirmé 2e baron du nom en 1413

John Carmichael of Carmichael, 3e baron du nom, débarque en 1420 avec le corps d’armée de 6000 Écossais de John Stewart of Buchan. Évêque, mais aussi valeureux homme d’armes, il participe vaillamment à la bataille de Baugé en 1421 où il se conduit glorieusement, brisant sa lance et désarçonnant le duc de Clarence, frère du roi d’Angleterre, qui est ensuite tué par le maréchal de La Fayette. Carmichael est élu en 1426 évêque d’Orléans sous le nom de Jean de Saint-Michel. Après la désastreuse journée des harengs, il quitte la ville d’Orléans avec l’armée du comte de Clermont. Il est tout à fait possible qu’il y revienne avec Regnault de Chartres le 5 mai, au sein de l’armée de renfort arrivée ce jour-là. En tout cas, il accompagne le dauphin, et donc Jeanne d’Arc, lors du voyage vers Reims, où il participe au sacre de Charles VII en qualité de pair ecclésiastique. Il mourut en 1436 ou 1438.

Armes : d’argent à la fasce tortillée d’azur et de gueules.

armoiries-chamberCristy CHAMBER (alias Cristin de la Chambre)

Il n’est pas certain que Cristy Chamber ait combattu au siège d’Orléans, mais il fait partie de l’armée qui accompagne Charles VII à Reims pour son sacre. Il est en effet capitaine de la compagnie des gardes du corps écossais depuis 1427 et le demeurera jusqu’en 1445 (il est remplacé par son fils, Nicole ou Nicolas de la Chambre).
Il s’établit en Saintonge et y fait souche; il reçoit la seigneurie de Villeneuve-la-Comtesse (Charente-Maritime). En 1453, il est institué, sans doute à titre de retraite, concierge et garde du palais du Roi à Paris.

Armes : d’azur au chevron d’or accompagné de 3 têtes de lion de même lampassées de gueules.

armoiries-crichtonJohn CRICHTON (alias Jean Criston ou Cresson)

Ce capitaine écossais, gouverneur de Chatillon, commande en avril et mai 1429 une compagnie forte de 8 hommes d’armes et 16 archers écossais.

Armes : d’argent au lion d’azur armé et lampassé de gueules.

armoiries-douglasArchibald de DOUGLAS († 1424)

Ve comte de Douglas, de Wigtown et de Touraine, seigneur de Dun-le-Roi, fils d’Archibald, IVe comte de Douglas, duc de Touraine, il est tué à la bataille de Verneuil, le 17 août 1424. Archibald Ve comte de Douglas, appelé Victon par les chroniqueurs français d’après le nom de son comté de Wigtown, avait été fait comte de Touraine à titre honorifique par Charles de Valois.

Devise : « Jamais arrière » (en français)

William DOUGLAS Capitaine écossais, il est probablement apparenté à Archibald de Douglas. Sa figuration sur l’armorial du siège d’Orléans semble plus fantaisiste que réellement attestée.

Armes : d’argent à un coeur de gueules sous un chef d’azur chargé de trois étoiles d’argent à cinq ou six pointes.

armoiries-galoysHenry GALOYS (GALLOWAY, ou Galois)

Écuyer écossais, Henry Galoys commande, à Orléans, une compagnie d’archers appartenant à Guillaume Hamilton. Au début du siège, elle comportait 10 hommes d’armes et 30 archers. Son nom est certainement la francisation de Galloway.

Armes. d’azur au lion d’argent armé et lampassé de gueules, couronné d’or.

armoiries-hamiltonWilliam HAMILTON (alias Guillaume Hameton ou Hameleton)

Hamilton est un écuyer écossais dont la compagnie d’archers est commandée à Orléans par Henry Galoys (voir ci-dessus). Faisant souche en France, un d’Hamilton sera titré duc de Châtellerault en 1548.

Armes : de gueules à trois quintefeuilles d’hermine.

armoiries-houstonThomas HOUSTON

Chevalier écossais, Thomas Houston arrive à Orléans en octobre 1428 à la tête d’une compagnie de 22 hommes d’armes et 71 archers. Il sera fait seigneur de Gournay (Indre) en récompense de sa conduite au siège de Meaux en 1439.

Armes : d’or à la fasce (alias un chevron) échiquetée de sable et d’argent accompagnée de 3 merlettes de sable.

armoiries-kennedyHugh KENNEDY OF ARDSTYNCHAR, dit “Canède”

Hugh Kennedy of Ardstynchar est l’un des fils nés du premier mariage de Gilbert Kennedy of Dunure. Il débarque en France en 1420, au sein de l’armée de John Stewart, comte de Buchan. Sa conduite aux batailles de Baugé (1421) et de Verneuil (1424) le fait récompenser par Charles VII qui lui permet d’écarteler ses armes de celles de France. Hugh Kennedy fait partie des nombreuses troupes écossaises qui combattent les Anglais assiégeant Orléans, et il participe au conseil de guerre.

Il sera encore au côté de Jeanne à Lagny, en avril 1430, et défendra cette ville, avec Ambroise de Loré et Jean Foucault, lors du siège de 1432. Son nom est généralement francisé en « Canède », mais les chroniqueurs d’Enguerrand de Monstrelet l’appellent «Huçon Queue». Demeuré célibataire et sans postérité, ses biens seront transmis à son jeune frère, Thomas Kennedy of Bargany.

Armes : écartelé, aux 1 et 4 de France, aux 2 et 3 d’argent au chevron de gueules accompagné de trois croisettes recroisetées au pied fiché de sable.

armoiries-lennoxEdward of LENNOX (alias Édouard ou Douard de Linaux)

Edward de Lennox est un écuyer écossais cité dans les comptes du trésorier des guerres. Il est allié aux Stewart par Elizabeth de Lennox, épouse de John Stewart of Darnley. Il amène à Orléans en octobre 1428 un fort contingent de 42 hommes d’armes et 108 archers.

Armes : d’argent au sautoir de gueules cantonné de quatre quintefeuilles de même boutonnées d’argent.

armoiries-melvilleDavid MELVILLE (alias Melvill, Malvill ou Malleville)

Cette famille écossaise descend d’un compagnon normand de Guillaume le Conquérant, originaire de Malleville, au pays de Caux. C’est le baron Gelfridus ou Geoffroy de Maleville qui, parti en Ecosse au XIIe siècle, y fit souche.L’écuyer écossais David Melville arrive à Orléans en octobre 1428, à la tête d’une compagnie de 32 hommes d’armes et 28 archers.

En janvier, sa compagnie est considérablement renforcée puisqu’il est payé par le trésorier des guerres du roi pour 50 hommes d’armes et 32 archers.

Armes : d’argent à la fasce de gueules.

armoiries-norvillAlexander NORVILL (alias Norvell, Norwill ou Normanville)

Écuyer écossais qui combattit à Orléans dès le début du siège à la tête d’une compagnie de 15 hommes d’armes et 29 archers. Sa compagnie est d’un effectif presque identique en mai 1429, comptant un total de 45 combattants.Michael NORVILL Cet écuyer écossais, présent à Orléans en avril et mai 1429, avec une compagnie forte de 20 hommes d’armes et 25 archers est peut-être le frère du précédent

Armes : d’argent à trois merlettes de sable becquées de gueules entre deux cotices de sable.

armoiries-ogilvyPatrick OGILVY OF AUCHTERHOUSE, dit « le vicomte d’Angus »

Les Ogilvy ou O’Gilvy étaient shérifs héréditaires d’Angus. Lieutenant du comte d’Angus, d’où leur titre de vice-comte qui leur est donné, lequel n’est pas un titre nobiliaire mais une fonction.Patrick Ogilvy, seigneur d’Auchterhouse, connétable de l’armée écossaise en France, est conseiller et chambellan de Charles VII. Il fait le voyage de Chinon à Orléans en janvier 1429, mission pour laquelle il reçoit 600 livres tournois pour lui et ses gens d’armes. C’est lui qui commande l’escorte du convoi de vivres qui quitte Blois le 27 avril 1429 et rejoint Orléans avec Jeanne d’Arc. Sa compagnie personnelle est forte de 60 hommes d’armes et 300 archers. Il combat à Jargeau, Meung, Beaugency et Patay, puis suit le roi à son sacre. Il disparait en mer lors de son voyage de retour en Ecosse à la fin de 1429 ou début de 1430.

Armes : écartelé, aux 1 et 4 d’argent au léopard de gueules armé et lampassé d’azur, couronné d’or (Ogilvy), aux 2 et 3 d’argent à l’aigle de sable becquée et membrée de gueules (Ramsay d’ Auchterhouse).

armoiries-stuart of darnleyJohn STEWART OF DARNLEY (alias Jean Stuart)

Lord of Darnley, comte d’Évreux (dès 1427), seigneur de Concressault (dès 1422) et d’Aubigny (dès 1423), il est le fils de Sir Alexander Stewart (1368-1406), Duke of Darnley, et de sa première épouse, Marguerite. Il épouse en 1408 Elizabeth Lennox († novembre 1429).Connétable d’Écosse, il débarque en 1420 à la Rochelle avec un corps d’armée de 6 000 compatriotes venus au secours du dauphin (avec un homonyme, John Stewart, Earl of Buchan, dit Boucan, lequel sera fait connétable de France en 1424). Il participe aux batailles de Baugé, de Cravant et de Verneuil, puis contribue à la libération de Montargis en 1427.

C’est sans doute l’un des meilleurs capitaines du temps. Le dauphin Charles le charge de se porter au secours d’Orléans et lui verse le 30 janvier 1429, une importante somme de 3900 livres tournois pour réunir en « toute hâte et diligence » le maximum d’hommes de guerre. Il arrive à Orléans le 8 février suivant avec un contingent de 1000 hommes. Mais il est tué quatre jours après lors de la désastreuse «Journée des Harengs». Il est inhumé avec son frère William en la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans en vertu d’une fondation qu’il avait faite en 1421, dans la chapelle absidiale, dite de Notre-Dame la Blanche en raison d’une statue de la Vierge en albâtre. Le corps de son épouse Elizabeth l’y rejoindra quelques mois plus tard.

Armes : écartelé, aux 1 et 4 de France à la bordure de gueules chargée de huit fermaillets d’or, aux 2 et 3 d’or à la fasce échiquetée d’azur et d’argent de trois tires, au bâton de gueules brochant.

Ces fermaillets sont apportés par John Stewart à Aubigny, ville dont les armes seront désormais de gueules à 3 fermaillets d’or.

armoiries-stuartWilliam STEWART (alias Guillaume Stuart)

Seigneur de Stelemilk, il est né d’un remariage de Sir Alexander Stewart avec Janet Keith. Il est donc le demi-frère de John Stewart of Darnley. Il accompagne celui-ci à Orléans et déclare aux procureurs de la ville qu’il « ferait pour la ville d’Orléans ce qu’il ferait pour ses compatriotes eux-mêmes ». Comme son demi-frère John, il est tué le 12 février 1429 lors de la « journée des harengs ». Il est inhumé en la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans avec son frère John.

Armes : d’or à la fasce échiquetée d’azur et d’argent de trois tires, à la bande de gueules brochant.

armoiries-wishartJohn of WISHART (alias Wischard ou Wischart, voire Ouschart ou Oulchart)

Sans doute fils du 5e baron de ce nom, le chevalier écossais John Wishart of Pittarow arrive à Orléans dès octobre 1428 avec 48 hommes d’armes et 500 archers. Il revient en France en 1436 pour accompagner la princesse Margaret d’Écosse, venue épouser le dauphin Louis (futur Louis XI).

Armes : d’argent à trois piles de gueules conjointes en pointe.

Jeanne d'Arc et sa garde écossaise, par John DUNCAN (1896? - Smith Gallery, Stirling)

Très probablement revenu à Orléans dans sa ville épiscopale le 5 mai avec Regnault de Chartres, au sein de l’armée de renfort, l’évêque écossais John Carmichael est sans doute auprès de Jeanne d’Arc le 8 mai lors de la procession d’actions de grâce faite en l’église dans la ville enfin libérée de l’encerclement des troupes anglaises.

Carmichael accompagne ensuite le dauphin Charles et Jeanne d’Arc lors du voyage vers Reims, où doit se tenir la cérémonie du couronnement du roi.

Les Ecossais seront à l’honneur lors du sacre de Charles VII à Reims le 17 juillet 1429, avec notamment John Carmichael qui y participe en qualité de pair ecclésiastique, et Patrick Ogilvy, qui assiste à la cérémonie dans la cathédrale accompagné de ses hommes.

Jeanne d’Arc se tient debout derrière le roi avec son étendard. Elle dira lors de son procès à propos de cet étendard, qui avait été peint en avril 1429 à Tours par un artiste écossais du nom de Hamish Power, dit Hauves Poulnoir : « Il avait été à la peine, c’était bien raison qu’il fût à l’honneur ».

Tel Hugh Kennedy qui est encore à ses côtés à Lagny en avril 1430, les Ecossais accompagnent fidèlement Jeanne d’Arc tout au long de son épopée militaire, épopée qui prendra fin un mois plus tard, lorsqu’elle est capturée par les Bourguignons le 23 mai à Compiègne.

Pour finir avec l’histoire de Jeanne d’Arc…

La présence des hommes d’Ecosse en soutien des troupes françaises pendant la Guerre de Cent Ans et le siège d’Orléans n’a pas d’égal, et leur implication dans l’épopée de Jeanne d’Arc est parfois sujette à des anecdotes émouvantes.

Plus tard, lors du procès de condamnation de Jeanne par l’Inquisition, il est fait mention que « Interrogée si elle-même avait vu ou avait fait faire des images ou peintures à sa ressemblance, elle répondit qu’à Arras (Reims ?) elle vit une peinture dans la main d’un Ecossais, qui était à sa ressemblance armée, elle présentait une lettre à son roi et elle était agenouillée d’un genou. Et elle dit que jamais elle ne vit ou fit faire une autre image ou peinture à sa ressemblance ». (p. 220, procès de condamnation)


Sources :

« Les Compagnons d’armes de Jehanne la Pucelle et du siège d’Orléans », Jean-Claude Colrat
« Le journal du siège d’Orléans »
« Compte de maître Hénon Raguier »
« Orléans et l’Ecosse », Clovis Duveau
Remerciements : Jean-Claude Colrat
Documentation: Céline Dardeau